Rien à signaler.
Les jours passent sans rien de notables à Inggison. Ce n’est pourtant pas l’ennui qui m’étouffe, mais plutôt la monotonie des journées. Je travaille pour le syndicat des chasseurs de primes, tout comme Toloki, Eidyan, Ruda, Souraj et Ylenwe, et c’est globalement ma principale activité, ici.
Je n’aime pas Balauréa, ses couleurs bigarrées, ses ravins improbables, et ses créatures toutes plus étranges - tout autant que mortelles - qui vivotent à sa surface.
Tout y est corrompu, et si Balaur sont nos véritables ennemis, il nous faut plus souvent combattre les Asmodiens : quand prennent-ils le temps de s’occuper de Tiamat ? C’est un climat de guerre perpétuelle, avec ses attentes, longues et insupportables, et ses moments d’intenses violences, où j’assiste souvent impuissant, à un déchaînement de pouvoirs qui nous dépassent, probablement, tous.
Je sens que, peu à peu, je range mes espoirs et mes envies dans un recoin, pour ne laisser place qu’aux impératifs du quotidien : manger, dormir, chasser pour le syndicat. Ce n’est pas faute de chercher à changer ça, mais Ylenwe me semble avoir plus besoin de ses filles et de ce qu’elle trouve à Sanctum, que de ma présence.
Ou peut-être suis-je encore en train de m’enfoncer dans un désert. Peut-être celui-ci sera-t-il plus joyeux.