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Aoû 31 2010

Quelques mois plus tard…

“Où en suis-je, désormais ?”

Cette question seule me laisse l’impression vague des regrets et l’amertume d’une lente désillusion. Je ne suis rien de plus qu’un misérable parmi les autres ères de ce désert.

Le désert de Théobomos est un endroit merveilleux. Souillé et ravagé par la guerre, certes, mais il recèle quantité de merveilles : archéologie, paysage sous-marin mis à nu, créatures mutantes faites de roches et de feu…

Non, Théobomos n’est pas l’endroit le plus accueillant pour vivre, mais c’est là que j’ai décidé de m’installer – et ce, depuis quelques mois déjà.

Après toutes ces recherches sur cette femme que j’ai aimée, après m’être laissé piéger à nouveau par des sentiments trop volatiles, je suis seul, et plus que jamais, avec l’impression de ne pas être fait pour côtoyer mes pairs : la société actuelle ne me convient pas, les convenances, la politique, tout ça ne m’intéresse pas.

Peut-être est-ce un effet de l’immortalité : tel un ermite, je fuis mes semblables pour me concentrer sur ma propre existence, pour lui donner du sens, pour lui trouver des réponses à des questions que je peine à formuler.

Peut-être ne suis-je pas tout à fait comme les autres. Et peut-être, aussi, devrais-je aller voir un daeva plus ancien, qui pourrait peut-être partager avec moi sa vision du monde.

Plus qu’une âme soeur encore, je pense, j’ai besoin de repères. Ce n’est pas à Sanctum que je vais pouvoir trouver cela. Quant à Théobomos, ce n’est finalement qu’un palliatif.

Un simple palliatif…

Aoû 05 2010
Tout est bon dans le Calydon !
— Un rodeur du Ciel Blanc

Aoû 04 2010
C’est pas parce qu’on traine avec des tendus du fondement qu’il faut se sentir à l’étroit en leur présence.
— Un templier qui passe à Sanctum.

1 note

Aoû 03 2010
Les Templiers s’enferment dans le désert pour oublier leur amour d’une Clerc.
— Un templier de Théobomos.

Juil 28 2010
Même si, au fond de moi, je souhaite toujours la protéger.

Même si, au fond de moi, je souhaite toujours la protéger.

+
Loin dans le désert où plus rien ne sera jamais pareil.

Loin dans le désert où plus rien ne sera jamais pareil.

Avr 27 2010

Crime et trahison

J’ai décidé de suivre ses traces. Celles de ma guerrière, de cette femme fière et combative, et pourtant si chétive et fragile entre mes mains. Elle a disparu il y a plusieurs mois, et je venais enfin de découvrir une piste - certes un peu froide.

Des indications floues m’ont été données à Sanctum. Pour les obtenir, j’ai profité de l’innocence éthylique d’un Daeva moins consciencieux que moi sur ses secrets.

Une histoire de failles d’éther d’un type particulier, permettant de se rendre dans des endroits censément innaccessibles. Loin derrière les défenses ennemis. Je pensais qu’il parlait des balaurs, vu son grade et sa position - que je ne révélerais pas, inutile de lui porter préjudice - mais je me suis trompé.

Il m’aura fallu l’aide d’artisan Shugo, et d’un marché avec l’une de ces satanées bêtes à poils, pour prévoir mon voyage : j’étais déterminé à emprunter ce soi-disant passage “secret”. Un chemin détourné et complexe. En moins de deux mois, j’avais les moyens de mes ambitions. En tout cas, c’est ce que j’ai cru.

Après m’être rendu presque aux limites connues des Abysses, je me suis laissé tomber. Une chute de plusieurs minutes. Je me suis demandé un instant si je n’étais pas trop loin d’un obélisque en cas de problème. J’ai préféré ne pas vérifier, j’ai fermé les yeux.

Lorsque je les ai rouverts, il faisait nuit. Pas cette nuit lumineuse que nous connaissons sur Elyséa, mais cette nuit noire, sombre, d’Asmodae. J’étais donc bien arrivé à destination.

C’est quelque chose de très déstabilisant pour moi, il m’a fallu plusieurs minutes pour m’habituer à cette obscurité. Même plusieurs heures après, lorsque le ciel irradia d’une lueur crépusculaire, j’avais du mal à réaliser l’ampleur de la différence entre nos deux “mondes”.

Je ne tiens pas à tout raconter. Ce que j’ai vu là bas restera gravé dans ma tête. J’ai, en outre, des problèmes de mémoires. Certaines choses n’auraient jamais dû se produire. En tout cas, j’aurais aimé qu’elles ne se produisent pas.

Car je ne suis pas tombé sur un village d’Asmodien assoiffés de sangs, aux pouvoirs équivalents aux miens. Je suis arrivé au milieu d’un village d’Asmodien de tous les âges, enfants, vieillards, des femmes, des hommes. Je ne cherchais pas le combat, je cherchais des réponses.

Je me suis approché d’eux, et nous avons essayé de communiquer - pacifiquement. Mais cela n’a pas fonctionné.

Quelque chose a mal tournée. Les images sont flous dans ma tête. J’ai du me défendre, et j’ai tué, tué, et encore tué. Des litres de sangs ont coulé, de ça je suis certain. Qui en est le responsable ? A qui incombe la faute ? Je ne sais. Je pense ne pas vouloir m’en souvenir, de peur de découvrir que je ne suis qu’un monstre.

Et c’est là justement, que je prends réellement peur. Que je suis terrorisé. Car je suis revenu de là bas, étourdis et sous le choc, blessé mais vivant. Je ne sais même pas comment j’ai réussi.

J’ai discuté avec une Daeva. Elle gardera mon secret, je le sais. Mais si ce n’est pas le cas… alors il y a deux options.

Soit je suis considéré comme un criminel de guerre, un monstre, un être abject. Soit, pire encore à mes yeux, je suis jugé comme un traître pour les propos que je tiens ici. Les lois sont dures à Sanctum, et la tendance politique actuelle semble assez claire : quiconque envisage autre chose que la guerre contre les Asmodiens est un traître.

Moi qui y suis allé pour chercher des réponses, moi qui n’ai cherché qu’à me défendre. Moi qui ait cherché à discuter…

Dans cette guerre, suis-je un criminel ou un traître ?

Avr 14 2010
Solitude accompagnée.

Solitude accompagnée.

+

Amitié sincère.

Depuis quelques temps déjà je me pose des questions. Pas tellement sur mes sentiments - ceux ci sont finalement très simple - mais sur ceux des autres.

Mon amitié est indéfectible, mais mon comportement prête peut-être à confusion. Suis-je donc trop démonstratif ? Peut-être suis-je en train de faire exactement ce que l’on s’attendrait à voir de la part de quelqu’un d’aussi proche d’elle ?

C’est ambigu pour les autres, et cela ne me dérange pas vraiment. Pas pour moi-même en tout cas, je ne suis pas pétri de certitude, mais je n’ai pas l’impression de me mentir à moi-même en fixant les limites, et en m’assurant de les suivre.

Mais c’est pour elle. Au-delà de la place qu’elle occupe parmi la Légion, son image et son rang, il y a ses propres émotions. Je ne peux pas les nier d’un bloc pour des questions morales, ou parce que cela m’arrange bien de l’ignorer. J’ai quelques devoirs envers elle, par amitié et loyauté.

Je n’aimerais pas qu’elle en souffre. Elle a suffisamment d’ennuis à côté. Certes en cela nous nous ressemblons - et sur d’autres points encore - mais ce n’est pas pour lui ajouter d’inquiétudes supplémentaires.

D’autant que la confusion chez les autres impacte aussi mes liens d’amitié avec ces derniers. Faudra-t-il que je choisisse, d’une certaine façon, la moins pire des solutions ?

Je n’ai pas envie de la laisser seule face à ce que l’avenir lui prépare. Je souhaite être à ses côtés pour l’aider à braver les épreuves. N’est-ce pas normal ? N’est-ce pas là ce que quiconque souhaiterait à ma place ?

C’est ce que je pense. Il me faudra composer avec, pour ne pas détruire ce qu’il y a entre nous, pour ne pas perdre sa confiance, pour ne causer aucun tort à notre Légion.

Et puis… il y a cette petite frustration. Si Myho était là, tout serait plus simple. Il n’y aurait plus aucun équivoque quant à la situation, et je ne doute pas un seul instant qu’elle saurait faire face à ça, bien mieux que je ne saurais jamais le faire.

Je ne suis pas fait pour ces choses là. Mon armure, mon arme et mon bouclier me sont bien plus familier que les mots, les attentions et les sous-entendus.

Mar 26 2010
De nouvelles ailes.

De nouvelles ailes.

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